La fille et le peintre.

Le Rire, n°212, 24 février 1923.

Cette semaine de février, Chas glisse un autoportrait en couverture du Rire. Il s’est représenté devant son chevalet, pinceaux et palette en main.  Il a pour habitude de passer une vieille veste de pyjama lorsqu’il peint. A ses pieds, Bat, le scotch terrier noir qu’il a ramené d’Angleterre.

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Les cheveux blonds, le visage large de la jeune femme qui l’enlace, permettent de reconnaître Juliette Juvin, sa compagne. Sténographe au service de presse du Figaro, cette « blonde bien en chair, dans le genre flamand » (Guy Laborde) rencontre  le dessinateur au Café Manière. Il la persuade de poser pour lui, ainsi que pour ses amis Jean-Gabriel Daragnès et Jules Pascin.

Elle inspire Daragnès pour les images de Marguerite de la nuit de Pierre Mac Orlan, et Chas la représente, dans une illustration pour L’Almanach du lettré, sous les traits de la jeune prostituée qui écoute, les yeux écarquillés, un client lui lire les lignes de la main.

La légende est typique de l’humour à froid, caustique, de Chas :

- Admirable, ta peinture, mon chéri !.. Et ça représente ?

- Pour toi, un chapeau, une fourrure, un bijou.

Une façon aussi pour cet homme pudique de masquer le chagrin qu’il éprouve à ne pas voir son talent de peintre reconnu.

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