Chas à Albstadt.

Zeichnen im Krieg- Dessiner la guerre, exposition à Albstadt.

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La Galerie Albstadt confronte les visions modernes de la Grande guerre de dessinateurs contemporains, tels Jacques Tardi  ou  Joe Sacco, et celle d’artistes qui ont combattu, comme Otto Dix, Chas Laborde, Pierre Falké, Charles Martin, Jean-Emile Laboureur, Dunoyer de Segonzac ou Gus Bofa.

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L’occasion de découvrir que la modernité ne se trouve pas où on l’attendrait. Tardi perpétue la légende noire de la guerre, issue du pacifisme des années 20, et fabrique une imagerie sulpicienne, où, comme sur les toiles d’un Meissonier, ne manque pas un bouton de guêtre. Joe Sacco, lui, retrouve la technique des panoramas chers à Detaille ou de Neuville.

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Un Otto Dix, un Martin, un Laboureur refusent, eux, l’esthétique naturaliste, le pseudo-réalisme, la copie de photos d’archives. Peu soucieux du détail d’uniforme, ils offrent une vision personnelle, singulière, qui ne doit rien à la “culture de guerre” et même s’y oppose. Un Bofa dessine le “cafard”. Chas Laborde décrit avec précision et ironie le quotidien de soldats-esclaves. Martin dépouille son trait pour atteindre à l’essence même d’une horreur, dépouillée de tout grand-guignol. Au-delà de dessins de guerre, les œuvres de ces artistes, souvent oubliés aujourd’hui, sont des dessins de combattants, c’est à dire d’hommes qui sont allés de l’autre côté du miroir, ont vu et vécu ce qu’ils dessinent, et n’éprouvent aucune fascination, fût-elle morbide, pour ces quatre années de “vie posthume” (selon la formule de Chas). Ils se garderont bien d’ailleurs de jouer les anciens combattants et de radoter la guerre, préférant, malgré blessures et traumatismes, vivre et rattraper le temps perdu.

G A L E R I E A L B S TA D T
6 décembre 2014 – 19 avril 2015.
Städtische Kunstsammlungen
Kirchengraben 11, 72458 Albstadt (StadtteilEbingen,neben demRathau

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