Les filles du Bon Ton.

La Gazette du Bon-Ton, 1921-1924.

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Lancée par Lucien Vogel, en novembre 1912, la Gazette du Bon Ton a la particularité d’être, bien avant le New-Yorker, d’être une revue entièrement dessinée. Vogel part d’un postulat simple : puisque la mode est devenue un art, une gazette de mode se doit d’être un journal d’art. Il choisit aussi de privilégier la futilité et la fantaisie contre l’esprit de sérieux et, pour décourager les pisse-froid, donne à sa revue le sous-titre « arts, modes, frivolités ». Les artistes qu’il réunit autour de lui sont pour la plupart des amis et forment un groupe cohérent, uni par les mêmes recherches esthétiques : Georges Lepape, Georges Barbier, Pierre Brissaud, Bernard Boutet de Monvel, Charles Martin ou André Marty.
Interrompue par la guerre, la publication de ce magazine de mode s’avant-garde reprend après l’Armistice et ne s’arrêtera qu’en 1925, quand la photo commence à supplanter le dessin dans la presse.
La présence de Chas Laborde peut à première vue sembler curieuse. Il ne marque pas d’intérêt particulier pour les maisons de mode et leur clientèle fortunée. “Son crayon”, écrit Mac Orlan, “ne dessine qu’un perpétuel hommage aux femmes françaises, celles du peuple, dont l’élégance n’est pas une création arbitraire de la fortune.” Pourtant il collabore à la Gazette du Bon-Ton à quatre reprises, deux fois en 1921 et deux fois en 1924.

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En mai 1921, il donne  quatre dessins un texte de Marcel Astruc « Avenue du Bois ». Chas décrit le petit monde de l’avenue du Bois de Boulogne, aujourd’hui avenue Foch, une des plus élégantes de Paris : équipages, cavaliers, enfants, nounous, jolie veuve en quête d’affection… Les habitants des beaux quartiers surpris un matin de printemps…

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La même année, ses dessins accompagnent un texte de Pierre Mac Orlan, « Du cabaret de la Courtille au bar de la Dernière Chance ». Une fois encore, les images de Chas se tiennent en marge du texte. Elles introduisent dans la très chic Gazette le monde interlope des bars durant la Grande Guerre.

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En 1924, il décrit le Montmartre des Années Folles, le Moulin-Rouge, les gigolos…

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La même année on trouve un hors-texte, « Les nations à Paris », montrant les touristes attablés dans un salon de thé.

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